• Affaire classée. Partie 3 et 4

     

                - Veuillez décliner vos noms, prénoms, âge et profession s'il vous plait.

                - Julien Abeille, j'ai 42 ans et je suis le gérant d'Architectura.

                Monsieur Abeille a tout du petit patron : le front dégarni, le costume et surtout l’air arrogant. Rien que pour ça, ce ne doit pas être facile de travailler avec lui.

                - Vous connaissiez Mélanie Grift ?

                - Non, s'était la femme de ménage, c’est tout.

                - Elle travaillait pour vous ?

                - Non, j'ai fait appelle à une société de nettoyage qui s'appelle "Nettoyage Service". Elle se trouve sur les boulevards. Je peux vous fournir leurs coordonnées si vous voulez ?

                - Oui, je veux bien. Est-ce qu’elle faisait du bon travail ? Vous en étiez content ?

                - Comme toutes les femmes de ménage, il y avait des choses qui n’allaient pas mais c’est de loin la meilleure que nous ayons eu.

                - Je vois. Quand l'avez-vous vu vivante pour la dernière fois ?

                - Je ne sais plus. Peut-être il y a deux jours. On ne se voyait pas vraiment.

                - Racontez-moi votre matinée.

                - Je suis arrivé vers huit heures et je suis monté directement à mon bureau.

                - Pas de repas à poser dans le frigo ?

                - La plupart du temps je mange à l'extérieur donc non.

                - Et ensuite vous êtes sorti de votre bureau entre huit heures et le moment où le corps a été découvert ?

                - Non.

                - Comment avez-vous découvert le corps ?

                - J'ai entendu Julie crier. Avec Norbert nous étions dans le bureau. Nous sommes sortis et avons vu Julie dans la salle de pause. C'est là qu’était Mélanie. Je leur ai dit d'attendre dehors et j'ai appelé les pompiers.

                - Vous avez fait preuve de beaucoup de sang froid.

                Julien Abeille hausse les épaules et me répond :

                - Il fallait bien que quelqu'un le fasse.

     

     

    ***

     

                - Je m'appelle Norbert Mariette. J'ai 28 ans et je suis architecte.

                - Vous connaissiez Mélanie Grift ?

                - Et bien... Avec Mélanie, nous étions ensemble depuis quelques mois et puis nous avons rompu. Mais je ne la connaissais pas vraiment je pense.

                - Racontez moi donc cette histoire.

                - On s’est connu au travail. Au début je n’osais pas l’aborder et puis un jour je l’ai trouvé en panne de voiture devant Architectura. Je l’ai aidé et de fil en aiguille, nous avons commencé à parler et puis à nous voir en dehors du travail. Il y a deux jours, nous avons diné ensemble au restaurant. Nous avons beaucoup parlé, un peu de tout et de rien. J’aimais passer du temps avec elle, pour apprendre à la connaitre. Je l'ai raccompagné chez elle. Mélanie était vraiment une fille bien, vous savez. Je n’en avais jamais rencontré de pareil. J’étais décidé à ce que ma relation avec elle marche. Je pensais qu’elle allait m’inviter chez elle à boire un dernier verre sauf qu’elle m'a dit qu'il fallait mieux que l'on reste ami. J'étais déçu mais je n'ai rien pu dire.

                Ses yeux sont dans le vague comme si l'évocation de se souvenir lui permet de revivre ce moment avec Mélanie Grift. Il semble sur le point de pleurer. Je continu l'interrogatoire comme si je n'avais rien remarqué :

                - C’est la dernière fois que vous l’avez vu vivante ?

                - Oui.

                - Racontez-moi votre matinée d'aujourd'hui ?

                - Je suis arrivé vers huit heures quarante-cinq. J'ai posé mon repas de midi dans le frigo et j'ai rejoint mon bureau.

                - Vous en êtes sorti entre le moment de votre arrivé et la découverte de la victime ?

                - Non.

                - Comment avez-vous découvert le corps ?

                - J'étais dans le bureau avec Monsieur Abeille quand on a entendu Julie crier. Nous nous sommes précipités et elle était là, par terre.

     

     

     

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